Les Femmes loyalistes du Nouveau-Brunswick, 1783-1827: Sarah Frost (1754-1817)

Sarah Schofield Frost

Sarah Schofield Frost naît en 1754, à Stamford, au Connecticut. Elle épouse William Frost en 1773 et donne naissance de 10 enfants. Elle décède à Kingston, au Nouveau-Brunswick, en 1817.

Sarah Frost est une jeune épouse et mère à Stamford, au Connecticut, lorsque la guerre de la Révolution américaine éclate, rampant les liens de parenté et obligeant la famille Frost à s'exiler. En 1775, le père de Sarah, Josiah Schofield, est sergent dans l'armée révolutionnaire qui tente de défendre le New York contre les militaires britanniques. Son frère, Gershom Schofield, appuie aussi la cause des patriotes pendant la guerre. Entretemps, les résidents de Stamford dénonce le mari de Sarah, William Frost, en raison de ses sentiments loyalistes.

Obligée à chercher la protection des lignes britanniques, la famille Frost passe la plus grande partie de la guerre dans un camp loyaliste à Lloyd's Neck, sur Long Island. Basé sur l'île, William participe aux raids sur des bastions patriotes, y compris un raid sur sa ville natale de Stamford le 22 juillet 1781. À Stamford, les commandos loyalistes saisissent le révérend Moses Mather et 48 hommes qui participent aux actes de dévotion au temple des congrégationalistes, volent les objets de valeur des hommes et des femmes, prennent tous les chevaux qu'ils peuvent trouver et reviennent à Lloyd's Neck avec leurs prisonniers et leur butin. Des telles activités contre-révolutionnaires décident du sort de la famille Frost lorsque les patriotes gagnent la guerre.

Le 25 mai 1783, Sarah et sa famille quittent Lloyd's Neck sur le bateau Two Sisters, qui porte près de 250 loyalistes au territoire qui deviendra bientôt la colonie du Nouveau-Brunswick. Le jour du départ, Sarah commence à tenir un journal intime, dans lequel elle note les activités pendant son voyage, qui dure cinq semaines. Enceinte de sept mois et accompagnée de deux jeunes enfants, elle offre l'une des réflexions les plus intimes sur la situation d'une personne séparée de ses proches (son père vient à bord le bateau au havre de New York pour lui dire adieu), coincée sur un bateau en attendant des vents et des marées favorables, qui voit pour la première fois les terres rocheuses qui longent le fleuve Saint-Jean. « C'est, je pense, le paysage le plus accidenté que j'ai jamais vu, » [Traduction] écrit-elle le 29 juin 1783 dans la dernière entrée de son journal. Toutefois, Sarah fait appel au courage, donne naissance à une fille en bonne santé et aide la famille à s'établir en amont de la ville de Saint John.

Même si plusieurs version du journal intime de Sarah Frost existent, l'original n'a pas encore été retrouvé. De toute évidence, le journal est authentique, mais certains passages de la transcription laissent croire que des suppressions et des modifications ont été effectuées par des correcteurs aux sensibilités victoriennes qui avaient des idées figées sur la grammaire et le style anglais. Cette ressource sert non seulement de regard sur l'expérience d'une femme enceinte qui arrive sur les terres rocheuses des côtes du Nouveau-Brunswick en 1784, mais constitue aussi le point de départ d'une discussion sur la manière dont les historiens et historiennes évaluent les sources primaires dont ils se servent pour construire une narration au sujet du passé.

Ressources supplémentaires

Walter Bates et W.O. Raymond, eds. Kingston and the Loyalists of the "Spring Fleet" of 1783: With reminiscences of early days in Connecticut by Walter Bates; to which is appended a diary written by Sarah Frost on her voyage to Saint John, New Brunswick, with the loyalists of 1783, Woodstock, N.-B.: Non-Entity Press, 1980.

Gwen Davies, « The Diary of Sarah Frost, 1783: The Sounds and Silences of a Woman's Exile », Papers of the Bibliographical Society of Canada, 42, 2 (2004): 57-69.

Pour en savoir plus, consultez la bibliographie de sources imprimées et électroniques.

Lisez le journal intime de Sarah

Dans son journal intime daté de 1783, Sarah décrit son voyage de Long Island à l'embouchure du fleuve Saint-Jean, qui dure cinq semaines.

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